INFOS
du  Dr Etienne
Schepkens

Attention à la mue !

                                ...

 

Coin du VETO : sept 2006
(BN n°122)


Dr Vétérinaire Etienne Schepkens de Bruay la Buissière (62700)

     La saison de concours est terminée et beaucoup de colombophiles ont tendance à considérer à tort que la grande mue qui se présente est une période de repos pour le pigeon et l'homme.
On sait que le pigeon mue continuellement, pour cet article je parlerai essentiellement de la grande mue et le terme mue correspondra ici à grande mue (pour ne pas choquer les puristes).
La mue est une période encore plus exigeante pour le pigeon que la saison des compétitions où il a droit au repos entre les concours et est choyé par son propriétaire qui espère un peu de gloire en retour.
Pendant la mue, la récompense ne viendra pas immédiatement pour le colombophile et il devra attendre la fin de celle-ci pour constater l'état du nouveau plumage.
Pour le pigeon, la mue et l'élevage sont les deux périodes qui demandent la plus grande dépense énergétique. 

   Un plumage de mauvaise qualité va handicaper n'importe quel pigeon, quelles que soient ses origines et va jouer sur la qualité des barbes et des barbules, sur leur épaisseur, leur longueur, leur imperméabilité à l'air et à l'eau, la flexibilité des hampes. Les plumes de couverture ne sont pas non plus à négliger en ce qui concerne l'imperméabilité et l'isolation thermique.
Pour réussir une bonne mue, il faut que ces quatre points soient réunis.
+ pigeons en bonne santé 
+ alimentation adéquate de qualité
+ bon pigeonnier
+ colombophile expérimenté

 

Pigeons en bonne santé


   Avant la grande mue, il faut revenir sur la saison des concours et se poser des questions sur ce qui n'a pas marché de manière à avoir tout éliminé avant la mue. La mue demandant une dépense énergétique importante, le pigeon ne pourra pas aussi bien lutter contre les maladies et les germes en cause auront le loisir de se multiplier et de perturber la mue.
   Une analyse de fientes permettra de diagnostiquer les verminoses et la coccidiose et d'éradiquer celles-ci. Une accumulation d'ascaris dans l'intestin va empêcher le pigeon de profiter des qualités d'une bonne alimentation, les capillaires s'ils ne donnent pas diarrhée et déshydratation comme chez les jeunes vont quand même se nourrir de sang et avoir tendance à anémier le pigeon.
      En ce qui concerne la coccidiose, ma stratégie sera entièrement différente en période de jeu et en mue. Pendant la saison, je ne fais pas traiter systématiquement une coccidiose légère pour deux raisons, d'abord tous les anticoccidiens quels qu'ils soient ont une toxicité pour le foie et ne doivent pas être employés à tort et à travers, ensuite le fait de laisser quelques coccidies dans l'intestin stimule l'immunité du pigeon et lui permet de ne pas faire une coccidiose clinique s'il rencontrait des coccidies dans les paniers. Il est évident que ceci n'est réalisable que dans les cas d'analyses de fientes régulières et que dès que la quantité d'ookystes dans les fientes dépasse un certain seuil, un traitement est nécessaire.

   Pendant la mue par contre , comme je l'ai dit précédemment , les germes ont tendance à se développer et le pigeon ne doit plus être en contact avec des pigeons étrangers , donc la tolérance lors d'une analyse de fientes est zéro ookyste de coccidies.

   Si la saison a été perturbée par une pathologie respiratoire, il faut connaître avant la mue l'origine de celle-ci pour que la multiplication des germes respiratoires ne viennent pas perturber la mue, les entre-autres streptocoques, staphylocoques, chlamydia, mycoplasmes, levures..., doivent être diagnostiqués et traités avec l'antibiotique ou le médicament adéquat.

   Une bactériologie avec antibiogramme est la méthode de choix. Les parasites externes peuvent perturber la mue et seront donc traités si nécessaire.

Certaines maladies cachées peuvent apparaître cliniquement pendant la mue, notamment la paratyphose et la maladie due au streptococcus bovis. 

Parathyphose
Gonflement de l'articulation >>>>

   Il est difficile cliniquement de faire la différence entre ces deux maladies.
 La paratyphose lorsqu'elle n'est pas clinique est difficilement diagnosticable avec les analyses de laboratoire dont nous disposons car les salmonelles ne sont que rarement excrétées en période subclinique et il faut multiplier les bactériologies sur fientes et donc les frais d'analyses pour espérer tomber sur une salmonelle ( un test pcr réalisé systématiquement aux Etats-Unis sur des élevages de volailles en mue pourrait nous être utile). Dans l'état actuel, deux possibilités s'offrent à nous, soit attendre qu'une éventuelle paratyphose se déclare pendant la mue et la perturbation de la mue qui l'accompagne, soit traiter la paratyphose en préventif avant la mue .
   Il est évident que les colombophiles qui ont vacciné régulièrement contre la paratyphose n'ont pas ce problème. En ce qui concerne le streptococcus bovis, celui-ci aura déjà préalablement perturbé la saison sportive et une bactériologie sur frottis de gorge permet de le diagnostiquer.

 

Bonne alimentation


      De très bons mélanges mue sont disponibles dans le commerce, autant on peut se permettre de rattraper des erreurs alimentaires en complémentant avec certains produits pendant la saison, autant pendant l'élevage et pendant la mue, une alimentation étudiée et appropriée est nécessaire.

   J'ai l'habitude de faire complémenter la nourriture en vitamines et oligo-éléments spécifiques pour la mue et en acides gras essentiels. Une cure de 10 jours en début de période rend le pigeon tout nu et il peut ainsi repartir sur un tout nouveau plumage .Le mélange avec acides gras essentiels est ensuite donné 2 à 3 jours par semaine jusqu'à la fin de la repousse.

 

Bon pigeonnier

 

   Éviter la promiscuité favorisant les problèmes respiratoires et le stress. Ventilation adéquate à adapter en fonction de la température extérieure, il ne faut pas oublier qu'un pigeon qui mue est à un certain moment tout nu ! 
En toute période de l'année, le pigeon doit se sentir bien dans son pigeonnier.

 

Bon colombophile


  Un bon colombophile est quelqu'un d'ouvert qui ne prétend pas tout savoir, on apprend tous les jours, qui sait se remettre en question après une saison et voir objectivement ce qui n'a pas été pour pouvoir traiter avant la mue.
Un colombophile averti va aussi demander l'avis de son vétérinaire avant de faire un traitement quel qu'il soit en mue (beaucoup de médicaments marquent les plumes, une vaccination n'est pas envisageable dans une période aussi critique).
Un bon colombophile va accorder autant d'importance à la mue qu'à toutes les autres périodes de l'année et s'il lui prend l'idée de partir en vacances car les pigeons l'ont retenu à la maison tout l'été, il se fera dépanner par un coulonneux compétent.
En conclusion, avant une période aussi importante que la mue, n'hésitez pas à demander conseil à un vétérinaire spécialisé en colombophilie, nos méthodes diffèrent parfois mais notre but est le même : mettre les pigeons en meilleure santé possible. 

 

 

Tous les articles  vétérinaires sont sur la page :  Téléchargement

Si vous désirez apporter des précisions, n'hésitez pas !

 

Si vous êtes arrivés sur cette page sans passer par la page de départ qui définit
 les cadres, vous n'avez pas le plan du site sur la gauche. Dans ce cas, cliquez  ICI.

JavaScript Menu of Milonic