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du  Dr Etienne
Schepkens

Mue et paratyphose 

                               vacciner ? ...

 

Coin du VETO : septembre 2005 (n°118)

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Dr Vétérinaire Etienne Schepkens de Bruay la Buissière (62700)

     En vue de toujours essayer de vous écrire des articles en rapport avec les dates de parution du bulletin national, j'ai donc retardé l'écriture de cet article qui est un résumé de la conférence que j'ai donnée lors du dernier congrès national à Gravelines et au cours de laquelle vous avez pu nous interroger, mon confrère le Dr Lefebvre et moi-même, sur nos points de vue divergents sur certains points et convergents sur d'autres. 

    Cet article permet aussi aux colombophiles qui ne sont pas abonnés à " Pigeon Rit " d'avoir une idée sur ma réponse aux articles d'un jeune confrère belge à la fois au niveau du diagnostic mais aussi au niveau de la prévention de la paratyphose.

 

Origine et transmission


   La paratyphose du pigeon est une maladie bactérienne due à Salmonella Typhimurium variété Copenhague (dans la plupart des cas). Cette bactérie est très résistante dans le milieu extérieur mais par contre peu résistante aux désinfectants courants.

    La transmission de la maladie se fait essentiellement par les fientes donc par voie orale (porteurs sains - objets souillés- souris - rats- insectes) et peut aussi se faire directement dans l'œuf à travers la coquille.

 

Symptômes


  Les symptômes vont être différents selon l'âge du pigeon. 

 Chez les tout jeunes pigeonneaux, on aura une mortalité dans l'œuf avec non résorption du vitellus ou une mortalité quelques heures après l'éclosion.
Les pigeonneaux un peu plus âgés se mettront en boule, queue basse, plumage ébouriffé et présenteront une diarrhée aqueuse verdâtre.

  Chez les pigeons adultes, il y aura une atteinte des organes sexuels occasionnant de la stérilité, une atteinte des articulations donnant des boiteries ou des ailes pendantes et une atteinte de l'oreille interne donnant des troubles de l'équilibre ressemblant aux symptômes nerveux de la paramyxovirose.
On constatera fréquemment un gonflement de l'articulation tibio-métatarsienne ainsi qu'une arthrite de l'articulation du coude (mal d'aile) 

 

Autopsie et diagnostic


   A l'autopsie, on découvrira des ulcères transversaux (jeune) ou des foyers caséeux (vieux) de l'intestin grêle, des dépôts caséeux dans l'utérus chez la femelle adulte, un gonflement parfois très important des testicules et des dépôts caséeux chez le mâle adulte, des abcès dans les muscles pectoraux, dans le muscle cardiaque, des foyers caséeux dans les poumons, le foie, la rate ...

   Le diagnostic de la maladie se fera d'abord sur des symptômes évocateurs, sur des lésions d'autopsie typiques puis sur des prélèvements en vue d'une bactériologie justement menée. Je préfère faire une recherche bactériologique sur un organe lésé que sur des fientes qui donnent fréquemment de faux négatifs par la méthode de recherche classique (une recherche par PCR utilisée aux Etats-Unis dans des élevages de volailles me semble beaucoup plus fiable). La recherche d'anticorps sanguins n'est pas satisfaisante car elle donne trop de faux positifs. 
Le diagnostic différentiel avec le Streptococcus Bovis est parfois difficile et nécessite la recherche de ce germe dont le traitement est différent de celui de la paratyphose 

 

Traitement


   Les fluoroquinolones sont le traitement de choix de la paratyphose et leur utilisation a permis de diminuer la mortalité. Une possibilité de repérer les porteurs sains augmente encore l'efficacité de la lutte contre cette maladie. Hygiène et propreté viennent faire le reste.

 

Vacciner ?


   La grande question reste la prévention.
Faut-il vacciner contre la paratyphose ?
Certains vétérinaires spécialistes vous répondront oui, d'autres non.
Ceux qui sont pour ne pas vacciner partent du principe que les traitements contre la paratyphose sont efficaces. Mais ne pas vacciner veut dire traiter plus souvent et de manière préventive avec le risque de sélection de germes résistants (ex streptococcus bovis).

 

Quel vaccin ?


2 possibilités avec leurs avantages et leurs inconvénients.
Vaccin tué (inactivé) ou vaccin vivant (atténué) ?

    Un vaccin tué ou inactivé contient une souche de salmonelle tuée peu immunogène et nécessite un adjuvant puissant pour être efficace.

Protocole, avantages et inconvénients d'une vaccination avec un vaccin tué (ex Colombovac Paratyphus(r)) 
- Un traitement préalable est recommandé.
2 injections à 3 semaines d'intervalle sont nécessaires en primo vaccination.
Un rappel est nécessaire tous les 6 mois.
- Les avantages de ce type de vaccin sont qu'il est liquide et prêt à l'emploi, que la manipulation d'une souche tuée est aisée, qu'il a une autorisation de mise sur le marché français et qu'il est produit par une firme sérieuse investissant dans la recherche en colombophilie.
- Les inconvénients sont que la primo vaccination doit se faire en 2 injections, qu'il y a nécessité d'un rappel tous les 6 mois et que l'adjuvant puissant donne parfois quelques réactions vaccinales importantes.
- La vaccination peut se faire à n'importe quel moment et le fabricant ne déconseille pas une vaccination en saison de concours.

    Un vaccin vivant ou atténué contient une souche de salmonelle vivante atténuée selon un certain degré (ni trop, elle ne protègerait pas bien ; ni trop peu, elle provoquerait la maladie) très immunogène sans adjuvant.

Protocole, avantages et inconvénients d'une vaccination avec un vaccin vivant (ex Chevivac-s(r))
Traitement préalable indispensable.
Attendre 7 à 10 jours après le traitement avant de vacciner. 
Une seule injection en primo vaccination.
Rappel annuel
Les avantages sont une seule vaccination annuelle, un vaccin bien toléré avec peu de réactions vaccinales et une bonne immunité sans adjuvant.
Les inconvénients sont la manipulation de salmonelles vivantes, un vaccin lyophilisé à reconstituer, un emploi immédiat après reconstitution, des réactions parfois importantes chez des porteurs sains ou les pigeons mal guéris.
Il faut respecter au moins trois semaines avant les accouplements et les concours. 
D'après mon expérience avec ce vaccin, le moment idéal pour vacciner les vieux est entre mi-novembre et mi-décembre.

 

Parathyphose et mue

   On constate une recrudescence de cas de paratyphose ces dernières années surtout en période de mue. Je vais essayer de vous donner quelques explications tirées de mon contact avec la clientèle colombophile et de mon expérience personnelle.
- La mue est avec l'élevage et la fin des concours une des périodes les plus exigeantes pour le pigeon et l'on constate beaucoup de cas isolés (quelques pigeons dans la colonie) qui seraient des porteurs sains ou mal guéris et qui présentent le danger d'excréter la bactérie et d'ainsi pouvoir infester les autres pigeons.

   Il y a encore chez de nombreux colombophiles une confusion entre paratyphose et paramyxovirose, cette confusion étant entretenue par le fait que les deux vaccins les plus répandus contre ces maladies portent le nom de Colombovac ( Colombovac PMV(r) contre la paramyxovirose et Colombovac Paratyphus(r) contre la paratyphose ) et que de nombreux colombophiles croient qu'ils vaccinent contre la paratyphose lorsqu'ils injectent le Colombovac PMV(r) lors de la vaccination obligatoire contre la paramyxovirose.

      Par manque d'information, de nombreux colombophiles ignorent la paratyphose et ne vaccinent pas.

      Il existe de nombreux cas de paratyphose sourdes, asymptomatiques qui se traduisent uniquement par des baisses de performances parfois épisodiques.

      Quelle est l'importance de la circovirose chez l'adulte ?
Autrement dit , est-ce qu'un pigeon qui a résisté à une circovirose étant jeune n'a pas une immunité plus faible qu'un autre à l'âge adulte et pourrait faire un porteur sain potentiel ? 
Je ne veux volontairement vous donner aucun conseil dans cet article mais vous forcer à vous poser des questions car il n'y a pas de recette miracle et que c'est en se posant des questions et en en posant à d'autres que l'on arrive à trouver la solution la meilleure pour chaque cas pour pouvoir progresser dans la médecine et la performance colombophiles. 

 

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