INFOS
du  Dr Etienne
Schepkens

Paramyxovirose.

                               Maladie de Newcastle ...

 
 

Coin du VETO : mars 2008
(BN n°128)


Dr Vétérinaire Etienne Schepkens de Bruay la Buissière (62700)

   Cet article va vous résumer  - pour ceux qui n'y étaient pas présents - la conférence que j'ai donnée lors de notre congrès national à Thionville. C'est devant un public très intéressé et connaisseur que, assisté par mon confrère et ami le Docteur Bernard Lefebvre, nous vous avons parlé des connaissances actuelles et de l'état sanitaire sur le terrain pour la maladie de Newcastle. Bernard et moi en avons profité pour souligner la précieuse aide du troisième vétérinaire de notre comité, le Dr Christophe Arnoult dans la gestion de l'épisode de grippe aviaire de juillet 2007.

La maladie de Newcastle bien que bien connue des colombophiles puisque la vaccination est obligatoire, est en recrudescence actuellement dans plusieurs pays européens et nécessite une vigilance de tous les instants de la part du colombophile.
Notre système de vaccination basé sur la bonne foi du coulonneux est la manière la plus économique de lutter contre cette maladie. Il est néanmoins obligatoire de respecter au mieux la réglementation sous peine de devoir comme plusieurs pays étrangers faire réaliser la vaccination par un vétérinaire sanitaire. 

 

Origine.

 


 La maladie de Newcastle ou paramyxovirose est due chez le pigeon à un virus appelé PMV1. Ce virus est très résistant dans le milieu extérieur et d'une contagiosité extrême. II existe différentes souches qui peuvent muter de rune à l'autre ; les souches très virulentes méchantes) appelées vélogènes; les souches à virulence intermédiaire appelées mésogènes et des souches peu virulentes appelées lentogènes.

Il existe aussi des souches à affinités différentes pour les organes, celles touchant préférentiellement les organes respiratoires, on les appellera pneumotropes, touchant préférentielle ment les organes digestifs, on les appellera viscérotropès ou touchant plus le système nerveux; les souches neurotropes. Tout ceci pouvant se combiner d'où la complexité des variations dans les symptômes de cette maladie.

 

Symptômes

 


    Je vais donc vous décrire les symptômes présents dans une maladie classique tout en sachant que ceux-ci selon les souches virales peuvent varier en intensité, en durée ou ne parfois pas être présents.
La paramyxovirose classique commence par des symptômes oculaires et respiratoires ressemblant à du coryza infectieux, ce1;1x-ci durent souvent peu de temps ou ne sont pas remarqués par le colombophile. Ensuite viennent des symptômes digestifs avec l'apparition d'une diarrhée très liquide résistant aux traitements pouvant même parfois durer toute la vie du pigeon. Ces symptômes digestifs peuvent surtout chez le jeune être confondus avec toutes les autres maladies donnant des diarrhées importantes ( circovirose, paratyphose, colibacillose, coccidiose, streptococcus bovis etc), seule une recherche du germe en cause peut différencier ces entérites.

Certaines années, la paramyxovirose se traduit uniquement par des symptômes digestifs, d'autres années ils sont absents.

Puis viennent les symptômes nerveux caractéristiques de la maladie quoique parfois pouvant 
être confondus avec une paratyphose avec atteinte de l'oreille interne. Ils se traduisent par torticolis, paralysies des ailes, des pattes, culbutes, convulsions, troubles de la vue...

La mortalité approchait 100% lors de l'apparition de la maladie au début des années 80, elle est à l'heure actuelle sans traitement d'environ 60% (ceci dépendant des infections secondaires et de l'état immunitaire du pigeon).

 

Traitement ?

 
 

  Aucun médicament ne peut tuer le virus, il faut que le pigeon se débarrasse du virus avec sa propre immunité ; les infections secondaires bactériennes sont fréquentes et des antibiotiques peuvent être utilisés pour lutter contre elles. On peut considérer que 6 à 8 semaines après les premiers symptômes le pigeon est guéri (sauf dans le cas de diarrhées chroniques).

Il est néanmoins important de signaler que cette maladie est une maladie contagieuse légale à déclaration obligatoire avec mise en quarantaine et abattage selon la décision de la DDSV.

Prophylaxie.

 

    En ce qui concerne la vaccination, deux vaccins ont une autorisation de mise sur le marché pour le pigeon, il s'agit du Colombovac PMV de chez Fort Dodge disponible en flacons de 50 doses et du Nobilis paramyxo de chez Intervet disponible en 80 et 200 doses.

Le Colombovac pmv dispose d'un adjuvant aqueux et est facilement injectable par voie sous-cutanée avec des réactions locales quasi inexistantes.

Le Nobilis paramyxo possède un adjuvant huileux spécifique du pigeon, de par cet adjuvant, il est assez épais à injecter et nécessite l'emploi de seringues et aiguilles adaptées ou d'une seringue automatique, quelques réactions locales sont parfois observées.

Pour la France, légalement, ces deux vaccins doivent être vendus uniquement sur ordonnance vétérinaire avec fourniture par celui-ci d'un certificat d'achat comportant dans sa partie basse une attestation sur l'honneur qui devra être remplie par le colombophile lors de la vaccination et contresignée par un témoin.

La voie sous-cutanée est la voie de prédilection pour la vaccination chez le pigeon de concours, les injections intramusculaires dans le bréchet pouvant provoquer des réactions locales préjudiciables aux performances sportives d'un animal de compétition.

Les vaccins injectables pour poules (Newcavac, Itanew, Imopest) sont encore à ce jour tolérés par la F.C.F. mais donnent une moins bonne immunité et des réactions locales plus importantes, ils ne sont plus admis par les préfectures et sont prescrits sous l'entière responsabilité du vétérinaire prescripteur.
Le vaccin vivant "la Sota " par voie orale et naso-oculaire est interdit.

 

Conclusion :

 

   Avec autant de précautions, il faut se demander pourquoi on constate une recrudescence de la maladie. Le Dr Lefebvre et moi avons donné notre avis sur la question. Il ne faut d'abord nullement incriminer la qualité du vaccin, les deux vaccins avec AMM pour pigeon de concours sont parfaitement efficaces. Il est évident que comme pour n'importe quel vaccin l'animal vacciné doit être en bonne santé.

Toute la colonie doit être vaccinée, on voit encore trop souvent des colombophiles qui ne vaccinent que les pigeons qui vont au concours.
Les jeunes de l'année et les tardifs doivent être vaccinés sans retard, beaucoup de colombophiles qui ne participent pas aux concours de jeunes ne vaccinent pas leurs jeunes.

Le circovirus dont quasiment 100 % des jeunes pigeons sont porteurs (statistiques réalisées en Belgique) provoque une baisse d'immunité et pourrait donc être responsable d'une mauvaise efficacité de la vaccination chez les jeunes. Il est donc important de réaliser un rappel de vaccination chez les jeunes 3 à 6 semaines après la première injection pour obtenir une bonne 
immunité.

Le dopage avec des corticoïdes provoque une baisse de l'immunité chez les vieux comme chez les jeunes dont les concours sont de plus en plus prisés.
Ceci peut aussi favoriser la recrudescence de la maladie dont le réservoir se trouve à nos portes chez les colombidés sauvages.

En conclusion, vaccinez tous vos pigeons avec des vaccins spécifiques du pigeon et utilisez les formulaires adéquats fournis par votre vétérinaire de manière à prouver votre bonne foi. 
Ceci est le seul moyen de pouvoir garder notre système de vaccination propre à la France le plus économique pour le colombophile. Je vous souhaite une bonne préparation aux concours 
et un bon début de compétition

 

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