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du  Dr Etienne
Schepkens

Les maladies "de tête" (O.R.L.)

                               suite du numéro 125

 

Coin du VETO : Juin 2009 
(B.N. n°133 )

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Dr Vétérinaire Etienne Schepkens de Bruay la Buissière (62700)

       Dans le bulletin national n° 125 de juin 2007, je vous ai écrit un article sur " les maladies dites de tête " traitant des affections de la sphère ORL qui provoquent un gonflement visible du méat auriculaire.
Cet article était basé sur des observations issues uniquement de ma propre clientèle.
 Depuis cet article, j'ai constaté que les clients colombophiles avaient plus tendance à regarder les oreilles de leurs pigeons et à considérer les " maladies de tête " dans les baisses de résultats. J'ai donc ainsi pu réaliser des examens complémentaires qui me permettent de vous écrire un second article pour affiner le sujet.

 

 Bactéries et parasites

 


 Les bactéries les plus fréquemment isolées sont les streptocoques et les staphylocoques hémolytiques dont bon nombre selon les antibiogrammes réalisés résistent à de nombreuses familles d'antibiotiques, vient ensuite pseudomonas aeruginosa dont on connaît la ténacité puis chlamydia dont il est aussi difficile de se débarrasser.

 Parmi les parasites, Trichomonas Columbae occupe une place importante que ce soit comme agent primaire ou comme agent compliquant. Les traitements systématiques à l'aveugle ont abouti à la création de Trichomonas de plus en plus résistants aux Imidazolés.
La présence d'ookystes de coccidies dans les voies digestives provoque fréquemment des complications des maladies de tête non pas en étant l'agent infectieux primaire mais en augmentant la charge infectieuse que le pigeon doit supporter. La présence d'ookystes de coccidies ne donne pas toujours des fientes liquides ou molles, il arrive souvent de trouver des ookystes en quantité très importante dans des fientes bien rondes.

 

  Virus

 

 En ce qui concerne les virus, il ne faut pas négliger l'importance de PHV1 (Pigeon Herpès Virus 1) qui est automatiquement présent dans les cellules des voies respiratoires supérieures du pigeon et qui va s'exprimer lors de circonstances favorables à sa multiplication. Dans le cas des maladies de tête , ce virus n'est pas considéré dans tous les cas comme un agent primaire, par contre il pourrait agir comme facteur déclenchant dans certains cas de souffrance du pigeon non nécessairement due à des agents infectieux comme un séjour prolongé dans les paniers , un concours difficile, une mauvaise aération du pigeonnier ...
Ces causes non infectieuses pourront provoquer sa multiplication, le virus créera alors des lésions et des bactéries et autres agents compliquants en profiteront pour se multiplier.

 Le circovirus, présent dans de très nombreux élevages et provoquant une baisse de l'immunité du pigeon, sera aussi un agent favorisant les maladies de tête.

 On sait que le PMV1 (paramyxovirus), avant de s'attaquer aux organes digestifs et nerveux donne pendant un court laps de temps des symptômes respiratoires supérieurs. Une hypothèse à confirmer serait une atteinte de paramyxovirose subclinique ne donnant que des symptômes respiratoires discrets chez un sujet correctement vacciné mais peut-être un tant soit peu immunodéprimé par circovirus ou corticoïdes.

 Je ne demande que très rarement des recherches de virus et préfère privilégier la recherche d'autres agents pour lesquels il existe un traitement, je suis néanmoins conscient de leur importance et notamment celle de circovirus et considère que beaucoup de pigeons seraient actuellement immunodéprimés à des degrés divers et qu'il serait intéressant de faire des recherches afin de pouvoir évaluer le statut immunitaire des pigeons.

 

  Champignons

 

 La présence de champignons est souvent constatée dans les résultats d'analyses au laboratoire.
Le plus fréquent est Candida Albicans qui peut créer des lésions chroniques au niveau des sinus et a tendance à former par l'élaboration d'un facteur d'adhérence un tapis au niveau des muqueuses empêchant leur bon fonctionnement, il a aussi la capacité de secréter une lipase qui détruit les membranes cellulaires.
 Le développement de cette moisissure est favorisé par des traitements antibiotiques, la trichomonose, la coccidiose et l'immunodépression.

 Dans certains cas ont été isolés des cultures d'Aspergillus Fumigatus, les pigeons incriminés n'avaient pas de lésions typiques au niveau des poumons et des sacs aériens, les prélèvements ont été réalisés directement dans les cavités sinusales.
 L'Aspergillose est une maladie grave provoquant le plus souvent des troubles respiratoires profonds (poumons, sacs aériens). Les oiseaux sont très sensibles à cause de leur température corporelle élevée plus favorable à son développement.
Le pigeon s'infeste soit par des graines contaminées ou mal conservées, soit par la présence de paille de mauvaise qualité (mal séchée), soit lors d'accumulation trop importante de fientes dans le pigeonnier avec humidité et mauvaise aération. Plus la quantité d'Aspergillus dans l'air sera importante, plus le pigeon aura tendance à s'infester. Un pigeon immunodéprimé pourra par contre contracter la maladie en présence d'une quantité faible d'Aspergillus. De plus, ce champignon à la capacité d'élaborer une mycotoxine à effet immunodépresseur.

 

 Allergies

 
 

 En dehors de toutes ces causes infectieuses, une cause occupe une part importante dans les infections chroniques des voies respiratoires supérieures chez l'homme, c'est l'allergie.
 Ceci n'a, à ma connaissance, fait l'objet d'aucune recherche chez le pigeon voyageur et ne toucherait à mon avis que quelques cas isolés et pas toute une colonie. Il faut néanmoins en tenir compte lorsque quelques pigeons seulement sont fréquemment atteints et que toutes les analyses se révèlent négatives.

 

  Conclusion

 

 En présence d'une maladie chronique comme la maladie de tête, il est important de faire une recherche de laboratoire pour essayer de trouver, et cela n'est pas toujours facile, la cause primaire.
Nombreux sont les colombophiles qui constatent une amélioration transitoire en traitant et retraitant les agents compliquants avec des antibiotiques et qui ne font ainsi que masquer la cause primaire qui ne cesse de se multiplier en aggravant ou en rendant plus fréquents les symptômes jusqu'à ce que l'on ne puisse plus traiter.
En espérant vous avoir ouvert les yeux sur la complexité de cette maladie souvent plurifactorielle, je vous souhaite une bon début de fin de saison car quand vous lirez cet article, les gros concours seront déjà là.

 

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