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du  Dr Etienne
Schepkens

Les "poquettes" !

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Coin du VETO : décembre 2007
(BN n°127)


Dr Vétérinaire Etienne Schepkens de Bruay la Buissière (62700)

    Cette saison , j’ai rencontré beaucoup plus de cas de variole que les autres années avec un pic entre la mi et la fin août.
Il est donc intéressant de vous remémorer la maladie et sa prévention. 

 

 

Origine


  L’agent responsable de la maladie est un virus nommé Pigeon Pox Virus .
Ce virus est très résistant dans le milieu extérieur et peu sensible aux désinfectants courants.

   En ce qui concerne les Pox Virus en général , ce sont des virus à ADN et il faut noter que ceux-ci sont couramment employés après atténuation dans la fabrication de vaccins vivants pour animaux et humains (canari pox , cow pox ea ) et pour certains traitements de par leur capacité à se répliquer dans le cytoplasme des cellules infectées sans besoin de matériel de l’hôte. 

 

Propagation


      La transmission de la maladie nécessite une lésion cutanée ou muqueuse. Des érosions cutanées sont très fréquentes lors de bagarres dans les paniers ou lorsque les pigeons se grattent. Des lésions de muqueuses sont souvent rencontrées lors de trichomonose.

     La transmission de la variole se fait aussi via des insectes piqueurs tels que les dermanysses et les moustiques.

 

Symptômes

    La période d’incubation varie de 4 à 12 jours.
Le virus se multiplie d’abord à l’endroit d’inoculation puis passe dans le sang avec parfois chez le pigeon une hausse de la température corporelle, survient ensuite l’éruption correspondant à l’apparition des lésions cutanées et muqueuses.

   Sur le plan clinique , on distingue deux formes qui peuvent parfois être associées sur un même individu ,
- une forme cutanée localisée la plupart du temps à la tête ( parfois aux pattes) qui se caractérise par l’apparition de lésions verruqueuses appelées poquettes au niveau des paupières , de la commissure de l’œil ou du bec , des morilles , des oreilles et
- une forme « muqueuse » appelée forme diphtéroïde caractérisée par l’apparition de lésions jaunâtres fortement adhérentes au niveau de la muqueuse buccale , du palais , de la langue , du pharynx et du larynx. 

 

Traitement


    Cette maladie guérit spontanément en 3 à 4 semaines, entraîne rarement des mortalités mais peut provoquer chez certains pigeons des délabrements importants ( chute du bec , lésions oculaires irréversibles …) .
Elle est souvent aggravée par des germes compliquants qui en profitent pour se multiplier (apparition fréquente d’abcès à trichomonas , complications bactériennes…)
Les pigeons atteints ne peuvent pas être enlogés et sont donc « en arrêt de travail » pendant au moins 3 semaines .

    En ce qui concerne le traitement, il est important de consulter un vétérinaire spécialiste qui recherchera les agents compliquants responsables d’infections secondaires. Ceci vous évitera de nombreux désagréments, la guérison des pigeons sera accélérée et ceci vous permettra de rejouer les pigeons plus rapidement.

 

Vaccination

 

    La prophylaxie est basée sur une vaccination annuelle. Beaucoup de colombophiles pensent à tord que lorsque le pigeon a fait la maladie, il est immunisé à vie.
Il y a des années où l’on ne rencontre pas de variole et d’autres comme cette année où la maladie se répand comme une épidémie. Ceci est dû à un relâchement de la vigilance des colombophiles qui ont tendance à oublier la variole.
La vaccination est recommandée en février, mars ou avril (pour les joueurs de grand fond) et peut être réalisée à partir de l’âge de 6 semaines mais étant donné le fort pourcentage de pigeonneaux porteurs de circovirus , je ne recommande aucun vaccin avant l’âge de 3 mois.
Il est important de vacciner des oiseaux en bonne santé, un bilan sanitaire de vos pigeons est fortement recommandé.

    Deux types de vaccins sont sur le marché, un vaccin injectable par vois sous-cutanée (Colombovac pox nd) et un vaccin employable par la méthode folliculaire de vaccination (Ovoperisterin nd) .
En ce qui concerne le vaccin injectable, il est séduisant de vacciner contre la variole en même temps que la vaccination obligatoire contre la paramyxovirose . D’après mon expérience personnelle en clientèle et au vu de l’épidémie de poquettes de cette année, je peux vous dire que cette vaccination appliquée seule ne protège pas votre colonie à 100 %.
Le fabricant nous assure une très bonne protection mais j’ai rencontré des pigeonniers où quelques pigeons présentaient des poquettes malgré cette vaccination. Les pigeons avaient-ils été correctement vaccinés ou y avait-il un manque d’efficacité de ce vaccin ?
J’ai néanmoins pu constater que dans une colonie vaccinée avec Colombovac pox moins de pigeons étaient atteints que dans des pigeonniers non vaccinés.

    Le vaccin commercialisé pour le pigeon par la méthode folliculaire est Ovoperisterin nd .
Il faut arracher quelques plumes à la face interne de la cuisse , gratter légèrement la peau jusqu’à l’apparition d’une légère rosée sanguine puis brosser le vaccin avec le pinceau fourni.
Un petit gonflement apparaît 72 h après la vaccination, c’est la preuve que le vaccin a bien été inoculé. Ce gonflement n’apparaît pas chez les pigeons qui ont déjà été vaccinés.

    La France n’est pas un pays rentable pour les producteurs de médicaments colombophiles, je vous ai donc cité là deux vaccins indisponibles en France.
Le Colombovac Pox n’a pas d’autorisation française de mise sur le marché, il ne peut donc pas être employé légalement pour vacciner les pigeons contre la paramyxovirose .
L’Ovoperisterin nd n’est pas disponible en France et d’après mes renseignements, ne serait plus en vente en Belgique .

    Nous avons donc dû nous adapter et cela fait plus de 10 ans que je prescris un vaccin pour poules ( Variole W nd ) . Dans ma propre clientèle , je n’ai rencontré aucun cas de variole dans les élevages colombophiles vaccinés avec ce vaccin .
Par facilité pour le colombophile, je recommande une adaptation de la méthode folliculaire classique : je fais gratter avec une petite aiguille à insuline au niveau de la membrane de l’aile, endroit dépourvu de plumes (ne pas employer le gros stylet à 2 pointes fourni pour les poules avec le vaccin).

    Il est important en outre de lutter contre les insectes piqueurs ; un pox virus peut vivre 300 jours dans un dermanysse. Il faut traiter à la fois les pigeons et l’environnement.

 

Conclusion

 

    Il ne faut en aucun cas relâcher la vigilance en ce qui concerne la variole et vacciner tous les ans même si il n’y a pas eu de cas l’année précédente.
Retenez aussi qu’aucune vaccination n’est efficace si le pigeon n’est pas en bonne santé.

   Je profite de cet article pour vous souhaiter une bonne année 2008 et vous donne rendez-vous à Thionville où j’espère vous rencontrer nombreux lors de notre congrès national.

 

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