INFOS
du  Dr Etienne
Schepkens

Bilan vétérinaire 2006 !

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Coin du VETO : décembre 2006 
(BN n°123)

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Dr Vétérinaire Etienne Schepkens de Bruay la Buissière (62700)

     Cet article de fin d'année est l'occasion de faire le bilan de la saison en ce qui concerne les maladies les plus fréquemment rencontrées dans ma propre clientèle et les possibilités de remédier à ces problèmes.
   Il faut savoir que ma clientèle est en majeure partie composée de pigeons français et que ces constatations ne sont donc pas nécessairement extrapolables à d'autres pays avec des méthodes de jeu différentes.

 

Retour de 2 maladies courantes : coccidiose et trichomonose


  J'ai rencontré cette année beaucoup plus de cas de coccidiose que les années précédentes malgré des températures caniculaires.
Je vais tenter d'expliquer ce problème qui a pu avoir des répercussions sur les performances.
Le confinement n'a certainement pas amélioré les choses en enfermant les pigeons par des températures clémentes. Les colombophiles ne sachant pas si et quand ils allaient pouvoir jouer ont retardé leur visite de contrôle avant saison et la coccidiose a pu ainsi évoluer.
Les variations de température pendant la saison (début juin froid ensuite canicule puis août on ne peut plus humide) ont pu donner des conditions favorables à la coccidiose.

   D'un autre côté l'utilisation de traitements préventifs ne peut améliorer les choses en supprimant totalement la coccidiose car quelques coccidies présentes dans l'intestin créent une immunité constante (sorte de vaccination) et qu'ainsi la rencontre de coccidies dans les paniers ne provoquera pas de maladie clinique. Beaucoup de colombophiles utilisent des traitements antitrichomonas associés à des anticoccidiens, or, la coccidiose doit être traitée moins souvent que la trichomonose. Il vaut mieux faire des analyses de fientes régulières et ne traiter que quand cela est nécessaire.
L'utilisation illicite de corticoïdes en provoquant une diminution de la résistance aux infections peut aussi expliquer la prolifération des coccidies.

       La trichomonose a été aussi plus rencontrée cette année et j'ai revu des formes classiques avec chancres. Cette maladie n'a pas été rencontrée seulement chez les jeunes mais aussi chez de nombreux pigeons adultes. J'ai aussi vu des quantités importantes de trichomonas chez quelques pigeons alors que d'autres du même pigeonnier n'en avaient pas.
Le ronidazole est le produit de choix pour traiter la trichomonose du pigeon, sa faible toxicité permettant une grande sécurité d'emploi.

   Existe-t-il des souches résistantes au ronidazole ? L'emploi trop fréquent d'un produit à des dosages faibles peut entraîner l'apparition de souches résistantes. Il faut savoir que le ronidazole est d'abord peu appétant pour le pigeon et que sa solubilité dans l'eau n'est pas totale. Il arrive en effet fréquemment de retrouver des dépôts de produit dans le fond des abreuvoirs lors de traitements collectifs dans l'eau de boisson .Si le pigeon n'aime pas le goût de l'eau traitée et ne prend que la quantité de produit solubilisée, le traitement sera beaucoup moins efficace et il y aura un risque d'apparition de souches résistantes.

   De plus, lors de trichomonose, d'autres germes en profitent pour se multiplier et on serait tenté de traiter ces différentes maladies en même temps pour gagner un peu de temps. Je suis persuadé que l'efficacité du ronidazole est moindre en association avec d'autres produits. L'utilisation par des dopeurs de corticoïdes peut en diminuant la résistance aux infections provoquer une baisse d'efficacité du traitement et l'apparition de souches résistantes.

   Je préconise donc pour un traitement collectif d'utiliser du ronidazole seul dosé à au moins 10% mélangé au grain . Pour un traitement individuel ou lorsque le nombre de pigeons à traiter est faible, l'utilisation de gélules est possible . Traiter de cette manière 3 à 4 jours par mois en saison me semble suffisant à condition d'utiliser 3 jours par semaine des acides faibles qui d'après mes observations microscopiques changent la morphologie et la mobilité du trichomonas, en effet on retrouve souvent après 1 mois de traitement des trichomonas gonflés et peu mobiles. L'analyse microscopique régulière d'écouvillons de gorge est recommandée.

 

Circovirose : maladie n° 1
du pigeonneau


      La circovirose est devenue la maladie n°1 du pigeonneau.
Un article de JP Duchatel et apparu cette année (Avian Pathology, 35 (1), 30-34) relate que dans un élevage ayant eu des cas de circovirose chez les jeunes 65% des adultes apparemment sains sont porteurs du virus. De l'ADN viral a été retrouvé surtout dans les organes respiratoires mais on en a aussi retrouvé chez certains pigeons dans les ovaires et les testicules.

      Quelques embryons de 1 jours ont été positifs ce qui prouve une transmission verticale (de parents à pigeonneaux dans l'œuf). Dans cet élevage étudié 5% des pigeonneaux étaient positifs à 28 jours, 16% à 37 jours et 100% à 51 jours. De deux choses l'une, soit les pigeonneaux étaient porteurs et le virus n'a pas été excrété tout de suite ce qui est peu probable d'après les auteurs , soit le reste des pigeonneaux ont été infectés de manière horizontale par les fientes. Les " vieux "pourraient-ils aussi contaminer les jeunes par leurs fientes pendant la période de gavage ?
Beaucoup d'infections par le circovirus sont subcliniques et ne donnent donc pas de symptôme et l'on ne sait pas encore ce qui va déclencher la maladie.

      Le circovirus provoquant une diminution des défenses immunitaires, les pigeonneaux seront plus sensibles aux infections et une bonne prévention (vaccination contre la paratyphose des adultes, surveillance de la trichomonose et de la coccidiose, stimulation de l'immunité des jeunes...) ainsi qu'une hygiène parfaite ne pourront qu'être bénéfiques et empêcher l'apparition de la maladie clinique.

      L'utilisation des corticoïdes chez les vieux pourrait être favorable à l'excrétion des circovirus.
En ce qui concerne les maladies respiratoires, j'ai constaté une stabilité du coryza qui était souvent associé à de la trichomonose, les cas d'ornithose n'ont pas été plus fréquents que les années précédentes et il y a eu une légère augmentation des germes " particuliers " (streptocoques ou staphylocoques hémolytiques très antibiorésistants).

      Je n'ai pas rencontré plus de Streptococcus Bovis que les autres années malgré une recherche systématique lors de symptômes évocateurs. J'espère que ceci est dû à mes articles de prévention et donc à l'utilisation moindre du Baytril nd.

      Toutes ces constatations sont importantes de manière à faire avancer la colombophilie dans le bon sens pour que celle-ci reste un passe-temps sain et porteur de nombreuses satisfactions.
Bonne et heureuse année 2007. Je serai ravi de vous rencontrer et de répondre à vos questions lors de notre Congrès National à Gravelines ainsi qu'aux Olympiades organisées cette année dans le pays où je suis né !

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